dimanche 2 décembre 2007

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La saison des casseroles

La fin de l’année et son cortège de bilans en tout genre approchent à grand pas. Aussi, des deux côtés de l’Atlantique, plusieurs ONG soucieuses d’éthique et de transparence démocratiques organisent-elles un scrutin. Son but? Désigner les pires personnalités, lobbies ou institutions dont les activités en 2007 ont visé à influencer l’opinion publique ou les décideurs politiques au bénéfice d’intérêts strictement particuliers. Bref, à pervertir discrètement la démocratie.

Ainsi, sur le Vieux Continent, le Prix du Pire lobbying de l’Union européenne 2007 sera décerné par quatre ONG internationales (1) ce mardi 4 décembre à Bruxelles (dès 18h30 au bar du Botanique, pour les curieux). En lice, une éminente personnalité belge et européenne, qui a des allures de favori: le vicomte Etienne Davignon. Son tort? Etre l’un des conseillers spéciaux du commissaire Louis Michel sur «le rôle du secteur privé dans le développement économique de l'Afrique subsaharienne», alors même qu’il est actionnaire (pour plus de 350.000 euros) et membre du conseil d’administration de Suez, une multinationale qui cherche à développer de nouveaux marchés énergétiques notamment... en Afrique subsaharienne (dixit son Rapport annuel 2006, pages 54 et 69). Conflit d’intérêt? La Commission s’en est défendue. Mais n’a guère convaincu...

Les challengers de l’ex-vice président de la Commission sont le trio BMW-Daimler-Porsche (qui cherche par tous les moyens, et avec succès jusqu'ici, à repousser des mesures contraignantes sur les émissions moyennes de CO2 des nouvelles voitures commercialisées en Europe), le pétrolier espagnol Repsol (qui a poussé Bruxelles à promouvoir largement les agrocarburants industriels), l’Association européenne des cabinets de conseil en affaires publiques (EPACA) et l’agence bruxelloise de lobbying Cabinet Stewart (qui luttent toutes deux activement contre un projet de législation visant à rendre transparent le lobbying européen à Bruxelles).

Un second prix, celui du pire «écoblanchiment» (néologisme québécois pour traduire greenwashing), couronnera le champion 2007 de l’hypocrisie écologique. Les nominés? Les pétroliers ExxonMobil (Esso) et Shell (pour des pubs mensongères avérées), le géant britannique de l’armement BAE Systems (pour la promotion de ses «balles écologiques sans plomb»), Airbus (pour son A380 «propre» et «écologique») et le lobby allemand de l’industrie atomique (qui se présente comme le «protecteur du climat» dans la presse teutonne). Tous ont été conviés à venir dire un mot sur scène en cas de victoire lors de la cérémonie...

Aux Etats-Unis, c’est le Center for Media and Democracy, une association auscultant depuis des années le «monde trouble des relations publiques», qui décernera très prochainement ses Falsies Awards 2007. Littéralement, le terme falsies désigne des prothèses mammaires. Une image pour qualifier tous ceux qui cherchent à se faire passer pour ce qu’ils ne sont pas. Comme la Clean and Safe Energy Coalition (qui, sous couvert d’écologie, fait la promo de l’atome en ayant recruté un cofondateur de Greenpeace qui a retourné sa veste), les entreprises qui ont trafiqué Wikipedia (décelables grâce au génialissime WikiScanner), le lobby du lait en poudre pour bébés et le géant pharmaceutique Merck (qui tous deux financent de fausses associations citoyennes faisant la promo de leurs produits) ou encore Philip A. Cooney (le lobbyiste de l’industrie pétrolière engagé par la Maison blanche et qui a réécrit des rapports officiels sur le réchauffement climatique)...

Pas de doute, la saison des casseroles est ouverte!


(1) Le bureau européen des Amis de la Terre, l’association anglaise SpinWatch, l’allemande LobbyControl et la batave Corporate Europe Observatory, pour laquelle j’ai l’honneur tout récent de mener quelques travaux de recherche.

mardi 13 novembre 2007

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Le 4e pouvoir dans les cordes


«Merci à Clearstream, à la BGL et à Fortis, merci à la Menatep, à Nicolas Sarkozy et à Dominique de Villepin, aux plaintes et aux embarras judiciaires que chacun m’occasionne. Sans eux, nous ne ferions pas ce genre de soirée.» Denis Robert manie bien sûr l’ironie. Mais il est heureux, aussi. Samedi 10 novembre, la salle de la Passerelle à Florange, près de Metz, était comble. La soirée, organisée par son comité de soutien, visait à récolter des fonds pour aider l’ex-journaliste à couvrir ses frais de justice consécutifs au tsunami de poursuites judiciaires dont il fait l’objet depuis des années.
Sans relâche. «Alors que nous venons de gagner au Luxembourg deux procès montés par la BGL et le groupe Fortis, six (nouvelles) lettres recommandées viennent d’arriver à la maison qui m’annoncent que mes adversaires, Fortis en l’occurrence, viennent de me réassigner en France sur la base de plaintes quasi identiques à celles déposées au Luxembourg (toujours diffamation), écrivait samedi matin l’auteur de Révélation$ et La boîte noire. Une nouvelle preuve que ces empaffés ne me lâcheront jamais la grappe. Une nouvelle preuve que j’ai dû toucher là où ça (leur) fait mal.»
Guy Bedos, tête d’affiche de la soirée, a regretté l’absence des «plus grands éditorialistes de la presse dite libre, de gauche, parce que c’est un scandale ce qui arrive là à [Denis Robert], il a fait son métier».
En décembre 2006, l’association Reporters sans frontières avait déjà condamné la «multiplication des poursuites à l’encontre de Denis Robert dans le cadre de l’"affaire Clearstream"», un «"matraquage" [qui] témoigne d’une volonté de le réduire au silence.» A ce jour, 459 journalistes seulement, parmi lesquels Florence Aubenas, Bernard Langlois, Paul Moreira, John Paul Lepers ou Denis Delbecq, ont envoyé un scan de leur carte de presse en soutien à Denis Robert. Parmi eux, seulement trois Belges...
La Fédération européenne des journalistes (FEJ), qui représente plus de 250.000 journalistes dans plus de 30 pays, manifestait le lundi 5 novembre un peu partout en Europe contre les «pressions économiques et politiques, la marchandisation de l’information, l’autocensure, la précarité et le non respect du principe de protection des sources». Pour faire passer ce message, la FEJ, l’AJP et son pendant néerlandophone, la VVJ, avaient même réalisé un chouette pastiche de tabloïde.
Cela n’aura pas suffit. Selon PressBanking, Le Soir est le seul média de presse écrite belge francophone (1) à s’être fendu d’un papier dans son édition du lendemain (373 mots en page 38).
Du côté des partis politiques, ni le PS, ni Ecolo, ni le CDH n’ont soutenu cette action par voie de communiqué. Il fallait lorgner à droite, du côté de l’avenue de la Toison d’or, pour trouver une news solidaire avec les revendications de la FEJ...
Ironie du sort, ce même 5 novembre, en France, le quotidien économique Les Echos était racheté par Bernard Arnault, PDG du groupe LVMH, première fortune de France et septième de la planète.

Le résumé de la soirée du 10 novembre, par le comité de soutien:


Le reportage de France 3:


Un appel (mordant) aux journalistes, par Erwin Act:



(1) Recherche effectuée entre le 1/11 et le 12/11 sur les quotidiens et hebdomadaires suivants: Vers l’Avenir - toutes éditions, Le Courrier, Le Soir, La Dernière Heure, L’Echo-Actualités (2007), Le Jour Liège, Le Vif/L’Express, La Libre Belgique, La Tribune de Bruxelles, L’Avenir du Luxembourg, Le Jour Verviers, Trends/Tendances, Le Jour Huy-Waremme, Vers l’Avenir Brabant Wallon, Le Courrier de l’Escaut, Vers L’Avenir - Namur, La Nouvelle Gazette - La Province (archives), La Meuse - La Lanterne (archives), Grenz Echo, Cash NL, Nouvelles Graphiques, Knack Internetpoket, Knack Multimedia, Knack Gezondheid, Le Vif/L’express Weekend, De Huisarts, Guide de poche Internet, Knack Boeken, Le Journal des Enfants, Cash Personal Finance NL, Nest FR, Knack Focus, Le Vif Multimedia, Plus NL, Cash FR, Cash Personal Finance FR, Cash Beleggersalmanak, E-Tendances, Knack Weekend, Plus FR, SBJ Finance, Industrie NL, BIZZ FR, BIZZ NL, Knack, Cash Almanach de l’investisseur, Semper FR, Sports FR, Le Généraliste, Dotgov FR, Le Vif/L’express Santé, E-Trends, Dotgov NL, Trends, Semper NL, Business in Meeting, Coup d’oeil, Industrie FR, Nest NL, Grafisch Nieuws, Sports NL.

vendredi 7 septembre 2007

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Inquiétudes autour du WiFi

Il permet de surfer sans fil sur Internet et même, depuis peu, de téléphoner. En plein essor dans le monde, il s’invite même dans les écoles. «Il», c’est le WiFi. Et comme aucune étude scientifique ne prouve son innocuité, il relance le débat sur l’impact potentiel des champs électromagnétiques sur la santé.



Surfer sans fil sur Internet confortablement assis dans son canapé, son jardin, à la terrasse d’un café ou dans un aéroport: voilà la prouesse technologique que permettent les réseaux WiFi. Très pratiques et moins chers que leurs homologues câblés, ces réseaux qui exploitent les ondes hertziennes pour transmettre de l’information numérisée sont en plein essor à l’échelle planétaire. La ville de Singapour est déjà entièrement «wifisée» et plusieurs autres (Amsterdam, Paris, San Francisco, Chicago...) ont l’intention de le devenir pour combler la «fracture numérique».

En Belgique, on n’en est pas encore là. Le plus grand réseau sans fil gratuit – 78 antennes sur le campus de la Plaine (ULB et VUB) à Bruxelles – ne fait encore que 0,5 km². Mais le WiFi est déjà très présent chez les particuliers. Au sud du pays, plus d’une connexion Internet sur trois est de ce type et 18% de tous les ménages possèdent une antenne WiFi sous leur toit, d’après l’Agence wallonne des télécommunications (AWT). Comme une antenne émet jusqu’à 30 mètres environ dans toutes les directions, il est plausible que plus de la moitié de la population belge se trouve aujourd’hui sous l’influence régulière des ondes WiFi.

L’Angleterre en émoi

Jusqu’ici, c’était essentiellement la nocivité potentielle des GSM et des antennes relais de téléphonie mobile qui posait question. Le débat s’élargit désormais aux réseaux WiFi. En Angleterre, un syndicat d’enseignants a ainsi réclamé fin avril au ministre de l’Enseignement britannique «une étude scientifique complète sur les effets sanitaires des réseaux WiFi dans les écoles, tant sur les élèves que les professeurs». Des associations de parents ont embrayé, réclamant le démantèlement des réseaux WiFi scolaires.

Fin mai, la BBC enfonçait le clou en révélant, dans une enquête qui a fait couler beaucoup d’encre, que l’intensité des champs électromagnétiques (CEM) présents dans une classe «wifisée» était en moyenne trois fois plus grande que celle des CEM émis par une antenne relais de téléphonie mobile à 100 mètres, et en diffusant le témoignage du directeur de l’Agence de protection sanitaire du Royaume Uni incitant à la prudence. Il est vrai qu’outre-Manche, le WiFi se retrouve dans plus d’une école primaire sur deux et dans quelque 70% des établissements secondaires...

En Belgique, par contre, aucun chiffre officiel n’existe sur la proportion d’écoles «wifisées», mais il est probablement très faible. En effet, les connexions Internet fournies par les pouvoirs publics aux établissements scolaires sont câblées par défaut. L’installation éventuelle du WiFi se fait exclusivement à l’initiative des directeurs d’école, nous explique-t-on à l’AWT et au Centre d’informatique pour la Région bruxelloise (CIRB).

Les enfants physiquement plus vulnérables

Sur le plan scientifique, le flou règne. Il n’existe aucune étude épidémiologique sur d’éventuels effets néfastes du WiFi. Et quand bien même, on manque de recul. «Il faut savoir qu’il existe un certain nombre d’effets potentiels à long terme qu’il ne sera pas possible de détecter avant 2015 au plus tôt», commente André Vander Vorst, professeur émérite à la faculté des sciences appliquées de l’université catholique de Louvain et membre du Conseil fédéral de santé et d’hygiène (CSH). Face au boom actuel des technologies sans fil (lire encadré ci-dessous), ce spécialiste des CEM estime qu’avec le WiFi comme avec le banal téléphone sans fil DECT, hyper répandu mais beaucoup moins médiatisé, «on manque grandement de prudence car on ne fait jamais qu’augmenter le niveau global des émissions dans la même bande de fréquences – les micro-ondes – dont les effets biologiques, au premier ordre, sont similaires quelle que soit la fréquence.»

Si la «fronde anti-WiFi» a embrasé les écoles anglaises, c’est aussi parce que des enfants sont concernés au premier chef. Ils passent environ sept heures par jour en classe et seront plus exposés à des CEM au cours de leur vie que n’importe quelle autre génération qui les a précédés. «Il existe de bonnes raisons de penser que les cellules jeunes sont plus sensibles aux CEM que les cellules adultes, explique André Vander Vorst. On sait par ailleurs qu’une épaisseur d’environ 5 cm de corps humain est nécessaire pour “blinder” nos organes internes contre les CEM diffusés par un GSM émettant à 900 MHz. Si l’on considère un torse d’adulte de 40 cm de diamètre, les 30 cm à l’intérieur du torse seront donc protégés. Dans le cas d’un torse d’enfant de 20 cm de section, seuls 10 cm seront isolés. Leurs organes internes sont donc plus exposés que les nôtres.»

Inquiétudes de Salzbourg à San Francisco

Le Royaume Uni n’a pas le monopole de la méfiance à l’égard du WiFi. En Autriche, le Département de santé publique du land de Salzbourg recommande officiellement, depuis décembre 2005, «de ne pas installer de réseau WiFi et DECT dans les écoles et les crèches», au nom du principe de précaution. Car selon le Dr Gerd Oberfeld, à la tête de ce département, les premiers résultats d’études empiriques réalisées sur des personnes sensibles montrent que «les symptômes observés jusqu’ici sont les mêmes que ceux observés dans les études réalisées sur les antennes relais de téléphonie mobile: maux de tête, difficultés de concentration, nervosité, problèmes de mémoire, etc.»

Au Canada, le recteur de l’université de Lakehead (Ontario) a mis un frein à l’essor du WiFi sur le campus en février 2006, histoire de protéger les 15.000 étudiants sous sa tutelle d’éventuels risques à long terme. En Allemagne, soucieuse de ne pas réaliser une «expérimentation humaine à grande échelle», la responsable des services chargés de l’enseignement à Francfort a interdit, en juin 2006, le WiFi dans toutes les écoles «tant que l’innocuité des communications sans fil n’aura pas été démontrée». Cet été, c’est carrément le gouvernement allemand qui a recommandé «de préférer autant que possible l’utilisation de solutions câblées traditionnelles plutôt que de connexions sans fil». A San Francisco, des groupes de riverains s’opposent actuellement au projet du maire et de Google qui souhaitent «wifiser» la ville au moyen de 2.200 nouvelles antennes. Et en France, le CRIIREM (Centre de recherche et d’information indépendantes sur les rayonnements électromagnétiques) s’est inquiété, juste avant l’été, du boom commercial des nouveaux téléphones portables «hybrides», capables de conjuguer les signaux GSM et WiFi et donc de passer d’un réseau à l’autre sans rupture de conversation.

Craintes fondées ou largement exagérées? Quoi qu’il en soit, il semble que, si les inquiétudes concernant les ondes GSM devaient un jour être confirmées, les autres technologies comme le WiFi, le WiMAX, l’UMTS et le DECT devront être balisées avec la même sévérité. Il va cependant falloir s’y résoudre: seul le temps qui passe nous donnera la réponse... D.L.



Ces ondes qui font débat

GSM. Téléphonie mobile de 2e génération (2G). Fréquence: 900 et 1800 MHz (dualband).
DECT. Téléphonie sans-fil numérique pour les entreprises et les particuliers. Portée: environ 30 m à l’intérieur, jusqu’à 300 m en champ libre. Fréquence: 1900 MHz.
UMTS. Téléphonie mobile de 3e génération (3G) à haut débit. Permet de transmettre de la vidéo. Fréquence: 2100 MHz.
WiFi. Accès sans fil à Internet, à la maison ou dans des «hotspots» (points d’accès publics dans les gares, aéroports, hôtels…). Portée: quelques dizaines de mètres. Fréquence: 2400 MHz.
WiMAX. «Grand frère» du WiFi, le WiMAX permet des connexions Internet à très haut débit par voie hertzienne. Portée: plusieurs km. Fréquence: 3500 MHz.

Les fréquences utilisées par ces différentes technologies appartiennent toutes à la famille des micro-ondes (qui s’étend grosso modo de 900 à 300 000 MHz). Pour André Vander Vorst, «il n’existe a priori aucune raison scientifique de penser que ces différentes fréquences peuvent avoir des effets distincts sur le vivant. Une variation de fréquence d’un facteur 2 ou 3 ne change pas grand chose. Par exemple, les fours à micro-ondes industriels qui cuisent le pain fonctionnent à 430 MHz ou à 960 MHz, alors que la norme pour les micro-ondes domestiques est fixée à 2450 MHz». Ce qui compte avant tout, ce n’est pas la fréquence mais l’intensité cumulée de ces champs électromagnétiques sur le long terme. Or la norme fédérale en vigueur, jugée trop laxiste par le CSH (qui en préconise une 50 fois plus sévère...), repose sur l’exposition aiguë, pendant 30 minutes, d’un adulte en bonne santé. Cette norme ne protège que contre l’échauffement des tissus. Tout autre effet biologique est donc de facto ignoré... D.L.


Cet article est disponible dans le numéro de septembre du mensuel belge Equilibre. S’il vous a plu, merci de bien vouloir envisager d’acheter le magazine en version papier, voire de vous y abonner.

mardi 7 août 2007

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«Tu seras une sorte de Duhamel populiste»

Lu dans la dernière édition du Plan B, bimestriel français de critique (féroce) des médias, ce courriel de Laurent Joffrin envoyé il y a quelques mois à Pierre Marcelle. Le premier est directeur de publication et PDG de Libération depuis novembre 2006, le second y est journaliste et chroniqueur depuis 1988. Sa chronique, quotidienne jusque fin 2006, est devenue hebdomadaire début 2007.
Obtenu de «source syndicale», ce document sociologique en dit long sur les relations de pouvoir au sein de la rédaction depuis l’arrivée de Joffrin, sur le saupoudrage cynique des différentes tendances de la gauche plébiscitées par le quotidien et, plus généralement, sur la marge de manœuvre des journalistes sous l’ère Rothschild:

Date: 19 janvier 2007
Subject: Ce que nous évoquions samedi

Mon cher Pierre,

Comme je te l’ai dit, ta décision de rester au journal m’a surpris. Il n’est pas en mon pouvoir de l’empêcher, d’autant qu’un calcul réaliste m’incite à ménager cette partie du public. Mais ce maintien en poste – cette «reddition», comme tu dis – doit être assortie des conditions que nous avons définies.
1) Le contenu de ta chronique est soumis par nature à la relecture du chef de service quelle qu’elle soit... Elle a droit de correction plein et entier, qu’il s’agisse ou non de censure. J’arbitrerai en cas de besoin.
2) Elle ne peut occuper une place supérieure en visibilité et en aura que celle de Schneidermann ou de Duhamel. Tu seras une sorte de Duhamel populiste... Il en faut. Mais pas plus, comme nous en sommes convenus. En tout état de cause, c’est la responsable des pages «Rebonds» qui doit trancher sous mon autorité. Un cours nouveau s’instaure à Libération: le temps de l’autogestion est terminé.
Bien sûr, si ces conditions te paraissent insupportables ou draconiennes, le guichet est ouvert. Tel est mon avis, qui correspond à celui de la hiérarchie et de la partie raisonnable du journal...

Amicalement,

Laurent

Le «guichet» évoqué par Joffrin est le guichet de départ pour quitter le journal, dont Marcelle n’a pas souhaité profiter fin 2006...
Le 19 juin 2007, sa chronique «Smoking» était amputée de quelque 1650 signes. Ce passage rouspétait gentiment, mais légitimement, contre ce petit avis publié quelques jours plus tôt par Libération dans sa rubrique «Carnet», sans consultation préalable de la rédaction:
L’équipe de Libération s’associe à la tristesse d’Edouard de Rothschild et de sa famille à l’occasion du décès du baron Guy de Rothschild.

Guy de Rothschild avait 98 ans. Il était le père d’Edouard de Rothschild, l’actionnaire dit «de référence» de Libération, qui détient près de 39% du capital.

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samedi 23 juin 2007

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Les oubliés du nucléaire


Dans les centrales atomiques, la maintenance est déléguée à des sous-traitants qui prennent d’importantes doses de radioactivité. «Gueules noires» anonymes des temps modernes, ils sont les oubliés du nucléaire...

Ils sont robinetiers, soudeurs, électriciens, chaudronniers, décontaminateurs ou commis. Ils seraient 20.000 en France et près d’un millier en Belgique. On les appelle lors des «arrêts de tranche», quand il faut remplacer le combustible usé dans un réacteur nucléaire. Ils effectuent alors des opérations de contrôle et de maintenance sur des parties de l’installation inaccessibles en temps normal. Dans leur combinaison «Muru» – pour Mururoa, cette île du Pacifique où la France effectuait ses essais nucléaires militaires –, ils bossent «en zone». Là où «ça crache», où «ça pète». Ils prennent des doses importantes de radioactivité pour assurer la sécurité des centrales. Et donc notre sécurité. Ce sont les «gueules noires» anonymes des temps modernes, qui font le sale boulot pour que nous puissions nous éclairer, cuisiner, vivre confortablement.

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«L’industrie nucléaire organise le non-suivi médical des travailleurs les plus exposés»

Annie Thébaud-Mony, sociologue, est directrice de recherches à l’Institut français de la santé et de la recherche médicale (INSERM). Pionnière de l’étude des conditions de travail dans les centrales, elle a publié L’industrie nucléaire – Sous-traitance et servitude (EDK/INSERM, 2001) qui fait référence en la matière (traductions en anglais et japonais en cours). Dans son nouvel opus, Travailler peut nuire gravement à votre santé (La Découverte, 2007), deux chapitres reviennent sur le sujet. Interview.

En sous-traitant les risques d’irradiation, l’industrie nucléaire «jouerait la montre» pour sauver sa peau, selon vous?
L’industrie nucléaire est jeune. Elle manque de recul sur les effets sanitaires du travail sous rayonnements. En sous-traitant la maintenance, elle organise de facto le non-suivi des travailleurs extérieurs. Ceux-ci ont des parcours professionnels fort sinueux. Beaucoup vont de centrale en centrale, sont intérimaires, changent d’employeur après quelques années. Perdre la trace de ces travailleurs, qui sont les plus exposés, c’est barrer la route à une enquête de cohorte, c’est-à-dire un suivi médical sur plusieurs décennies d’une population particulière. Or ces enquêtes sont cruciales. Ce sont elles qui ont permis de démontrer la nocivité de l’amiante, par exemple. Ainsi, plus longtemps sera maintenue l’incertitude sur les effets cancérigènes des faibles doses de radiations, plus l’engagement mondial dans l’industrie nucléaire deviendra irréversible.

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mercredi 20 juin 2007

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Votre marque de voiture se soucie-t-elle vraiment du climat?

Au-delà des publicités tapageuses des constructeurs surfant abondamment sur la «vague verte», votre marque de voiture se soucie-t-elle vraiment du climat? La Fédération européenne pour le transport et l’environnement (T&E), un lobby environnemental qui fédère à Bruxelles 49 ONG de 21 pays, a récemment publié le top 20 des constructeurs les plus «engagés» sur ce plan (cliquer sur le tableau ci-dessous).


Pour mémoire, l’industrie automobile a signé, en 1998, un «accord volontaire» avec la Commission européenne pour atteindre l’objectif de 140 g de CO2 par kilomètre, en moyenne, pour tous les nouveaux modèles mis sur le marché en 2008. Un objectif intermédiaire avant celui de 120 g/km en 2012, lequel a été récemment miné par le lobby automobile qui a réussi à le faire «descendre» à 130 g/km. On sait aujourd’hui que l’objectif intermédiaire de 140 g/km ne sera pas atteint: les constructeurs n’ont pas, globalement, réalisé les innovations technologiques qu’ils avaient promis de développer pour réduire la consommation de leurs véhicules.
Détail piquant, T&E s’est procuré une note interne de la Commission qui montre que celle-ci s’est engagée, vis-à-vis du lobby automobile, à ne jamais publier les différents résultats intermédiaires marque par marque. Histoire de ne pas pointer du doigt les plus mauvais élèves… et de ne pas nuire à leur sacro-sainte compétitivité. Il ne faudrait tout de même pas que l’écologie nuise à l’économie...
T&E a au contraire estimé qu’un tel classement serait très utile pour que le consommateur puisse favoriser les marques ayant respecté leurs engagements. L’association s’est donc procuré – à ses frais – les données de l’année 2005 afin d’en déduire les progrès accomplis par chacune des 20 marques ci-dessus (qui pesaient 90% des ventes dans l’Union des 15 en 2005).
Résultats? Pas brillants: seuls Fiat, Citroën et Renault ont atteint ou sont en mesure d’atteindre l’objectif de 140 g de CO2 par km en 2008. Dernier de classe: Nissan. Quant à Volvo, BWM et Mercedes, ils se hissent, dans l’ordre, sur le peu glorieux podium des marques les plus polluantes.

samedi 2 juin 2007

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Electrosmog électoral

L’article principal du mini-dossier que j’ai rédigé pour le mensuel Equilibre de juin 2007 est désormais disponible intégralement en ligne. Equilibre (groupe Roularta) est un magazine papier lancé fin 2006 qui traite de questions de santé. Sa rédactrice en chef n’est autre que Karin Rondia, qui fit les beaux jours de l’émission télé «Pulsations» sur la RTBF dans les années 1990. Chose rare, sinon unique dans le paysage médiatique belge, Equilibre ne comporte pas une seule page de publicité.
La lutte contre la pollution électromagnétique ne s’est que timidement invitée dans la campagne électorale. Malgré plusieurs articles de presse et émissions télé («Reporters» sur RTL-TVI, «Questions à la une» sur la RTBF, etc.), sinon alarmistes, du moins incitant clairement à la prudence, cette problématique ne figure que dans l’arsenal électoral des partis Ecolo et CDH.
Ainsi le parti vert propose-t-il de «limiter strictement le risque électromagnétique» (Livre I, chapitre 2, p. 12). Comment? En fixant une norme fédérale de 0,6 V/m (moyenne sur 24 heures). Ecolo souhaite en outre «reconnaître officiellement l’électrosensibilité comme un problème de santé publique et prendre les mesures qui s’imposent pour protéger les personnes qui en sont atteintes». Dans la capitale, la députée bruxelloise Dominique Braeckman (19e effective à la Chambre et initiatrice de l’ordonnance régionale dont il est question dans l’article d’Equilibre) organise même un débat le 6 juin sur le thème «Du GSM au baby-phone, notre droit à la santé est-il bafoué?».
Quant au CDH, son programme s’engage plus timidement à «étudier et entourer (sic) la problématique des ondes électromagnétiques» (5ème partie, pp. 145-146). Les centristes proposent de «récolter des données scientifiques sûres sur les risques et les expositions» mais ne se risquent pas à proposer une norme plus stricte, même si cela est suggéré entre les lignes.
Pas un seul mot par contre sur cette problématique émergente dans le programme du MR ni dans celui du PS. Simple reflet programmatique du clivage majorité-opposition en somme, puisque Rudy Demotte, ministre fédéral PS de la Santé, bloggeur et 3e effectif à la Chambre dans le Hainaut, a toujours considéré que les normes fédérales en vigueur étaient suffisamment sévères.

mercredi 30 mai 2007

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Un défraiement, ça va pas non!?

«Nous n’avons pas besoin de défraiement pour être des assesseurs. Pas besoin d’indemnités pour vivre en démocratie!» Tel est en substance le cri du cœur d’un collectif de citoyens, indépendant du monde politique ou associatif, qui souhaite profiter des prochaines élections pour donner un coup de pouce à la démocratie.
Concrètement, si vous avez été désigné(e) comme assesseur pour le scrutin fédéral du 10 juin, le collectif «10-6» vous propose de reverser à Amnesty International les indemnités que vous recevrez des pouvoirs publics (entre 15 et 105 euros) pour vous remercier d’avoir accompli votre devoir citoyen.
Si tous les assesseurs et présidents de bureaux de vote reversaient leur indemnité, plus de 1,75 million d’euros seraient récoltés (voir tableau ci-dessous).
Cette action caritative originale avait déjà été menée lors du scrutin communal d’octobre 2006. Elle avait alors rapporté près de 1.750 euros, soit un millième de la somme potentielle. Ce qui signifie qu’une centaine d’assesseurs avaient joué le jeu. Le buzz aidant, et sachant que 100.000 assesseurs ont été désignés pour l’élection du 10 juin, cette deuxième édition pourrait rapporter bien plus encore.
Les assesseurs séduits par l’idée peuvent d’ores et déjà s’inscrire sur le site de l’action. Bien sûr, n’importe qui, assesseur ou non, peut soutenir cette initiative dont la logique est résumée sur une page A4 couleur en PDF, page que le collectif «10-6» vous propose de diffuser sur votre lieu de travail. Tout don de 30 euros ou plus donne droit à une attestation fiscale délivrée par Amnesty.

Cliquer sur le tableau pour l'agrandir. Il combine les infos suivantes:
1/ nombre de bureaux et de membres par bureau.
2/ valeur des jetons de présence selon la fonction.
(source: collectif «10-6»)

vendredi 25 mai 2007

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Soirée «portes ouvertes» au centre fermé de Vottem


Petit clin d’oeil électoral épinglé par l’ami Pierre Ozer, alors que l'émission Reporters de RTL-TVi diffusera ce soir, à 19h50, les premières images filmées depuis huit ans au cœur de la «prison» de Vottem (des guillemets sont-ils nécessaires?) qui «accueille», sur les hauteurs liégeoises, des demandeurs d’asile. C’est le journaliste Daniel Nokin (qui a commis, en novembre dernier, un reportage «strip-teasien» sur Michel Daerden) qui a réussi le tour de force d’obtenir une autorisation de tournage. Rappelons que le centre fermé de Vottem a fait couler beaucoup d’encre ces derniers mois: dénonciations d’atteintes aux droits de l'homme, utilisation abusive de neuroleptiques pour «calmer» certains résidents, etc. Il y a deux jours encore, l’association Médecins sans frontières rappelait le «coût humain» exorbitant de ces centres fermés, où l’enfermement fait des ravages sur la santé mentale des demandeurs d’asile. Signalons, à toutes fins utiles, que l’ONG britannique Christian Aid estime à un milliard le nombre de réfugiés climatiques sur la planète en 2050...

lundi 14 mai 2007

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Ultra Di Rupo



C’est tout l’art subtil du caméléon politique: lorsqu’il harangue la galaxie «alter», le président du PS Elio Di Rupo troque son légendaire nœud pap’ écarlate pour une tenue jean-baskets-gilet vintage. L’image est rare. Les caméras de télévision n’ont pas l’habitude d’aller se balader dans les débats qui animent les forums sociaux altermondialistes. Dans la vidéo ci-dessus – longue bande d’annonce du documentaire Avanti Popolo! signé Yannick Bovy (journaliste) et Mathieu Sonck (réalisateur) –, on assiste également à quelques fragments d’un échange franc et direct que l’on n’a plus guère l’occasion de voir aujourd’hui à la télévision. Non pas que les protagonistes témoigneraient d’une verve exceptionnellement haute en couleurs – quoique. Mais surtout parce que le débat porte sur les orientations mêmes de la gauche contemporaine, et sur son adhésion au «système capitaliste». Un questionnement qui taraude les deux réalisateurs tout au long des 45 minutes de ce documentaire, qui tombe à point pour relancer le débat politique à gauche en ces temps de défaite électorale française et de campagne législative mollassonne en Belgique.

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jeudi 10 mai 2007

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Candide au pays de l’atome

Sous des airs de simplet de service, Antoine Citoyen interroge avec humour et pertinence nos sociétés hautement nucléarisées. Attention: ses tribulations atomiques, diffusées sur Internet, pourraient bien vous contaminer...



Alain de Halleux, bientôt 50 ans, 4 enfants, est inquiet. La question de la sécurité nucléaire a fait irruption dans sa vie l’an passé. Lors de la commémoration des 20 ans de Tchernobyl, d’abord. Puis en juillet dernier, quand le cœur d’un des réacteurs de la centrale de Forsmark, en Suède, est passé à 7 minutes de la fusion. Dans une indifférence médiatique quasi générale. Ebranlé par ces événements, ce licencié en chimie de l’UCL, vite devenu réalisateur, crée alors Antoine Citoyen, un personnage de fiction qu’il propulse au cœur de la réalité nucléaire belge. Pour mieux la cerner. Et informer. Car une question obsède Alain de Halleux et son double fictionnel, efficacement joué par son excellent complice Michel Angely: sommes-nous prêts en cas d’accident nucléaire à Tihange ou à Doel?

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vendredi 4 mai 2007

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Le scandale écologique des «sauts de puce» flamands pour businessmen friqués

Coup de tonnerre dans le ciel aérien belge! Le 25 avril, lors de la réunion du Comité de concertation regroupant les différentes entités fédérées belges, la Région flamande a opposé son veto à un projet d’arrêté royal visant à interdire les vols d’avion intérieurs de moins de 150 km. Et ce dans une indifférence quasi générale.

Proposé par le ministre fédéral de la mobilité Renaat Landuyt (SP.A), ce projet d’arrêté royal s’attaquait à ces fameux «sauts de puce» qui avaient défrayé la chronique en octobre dernier. Deux scientifiques avaient alors révélé, dans une tribune publiée par La Libre Belgique, que la compagnie marocaine Jet4You envisageait des vols Charleroi-Liège avant de redécoller pour Casablanca... Des vols ultra-courts (84 km !) qui auraient dégagé 33 tonnes de CO2 dans l’atmosphère par semaine, soit l’équivalent de ce qu’émet en moyenne une voiture qui parcourt plus de cinq fois le tour du monde, ou du CO2 émis hebdomadairement par 60 ménages belges.

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lundi 30 avril 2007

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La pub peut nuire gravement à l’environnement


Ces messages publicitaires qui, à l’instar d’une certaine industrie rétrograde, naviguent volontairement à contre-courant de la lutte contre le réchauffement climatique vous horripilent? Ces pubs qui tentent de vous vendre des vessies polluantes pour des lanternes écologiques vous exaspèrent? Soulagez-vous donc en participant à une expérience de journalisme citoyen et collaboratif lancée par le magazine belge Imagine.

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vendredi 23 mars 2007

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Censure et fiction en démocratie

Indicible car trop lourde de conséquences, l’«affaire Clearstream 1» est-elle condamnée à la censure et à la fiction? Alors que L’emmerdeur, le second roman sur l’enquête de Denis Robert, sort début avril, l’écrivain-journaliste annonce sur son blog qu’un papier très documenté sur Clearstream a été censuré cette semaine dans Paris-Match et qu’un second article, toujours sur Clearstream, devait passer en une du Financial Times mais, «suite au lobbying intensif de la banque des banques luxembourgeoise, il a été différé...»
Selon Robert, les deux papiers étaient «prêts à sortir, maquettés, et ont été sacqués in extremis. La peur des procès et l'utilisation malveillante de documents judiciaires tronqués a joué à mort. C’est une belle saloperie.» Furax, l’ex de Libé suggère aux juristes du quotidien anglais et de l’hebdo du groupe Lagardère de jeter un œil «au seul jugement argumenté qui vaille à ce jour» pour qu’ils reconsidèrent leur décision.


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samedi 10 mars 2007

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«Pas trop peur?»

Alors que je viens à peine de regarder – avec un certain plaisir – Dans la peau de Jacques Chirac, Karl Zéro, qui embrasse une nouvelle carrière avec AOL sur Internet et ne cache plus son opinion sur le sujet journalistiquement tabou que sont les attentats du 11-Septembre, s’apprête à sortir son nouveau film, Ségo et Sarko sont dans un bateau... Voici les quatre bandes d’annonce à la suite, directement publiées sur YouTube par – semble-t-il – le sponsor du film Neuf Cegetel himself qui jouit de l’exclusivité en VOD (video on demand) avant la sortie de l’œuvre en salles/DVD:



lundi 5 mars 2007

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Faux pas publicitaire d’Oxfam?

Enthousiasme, mais aussi étonnement, déception… La dernière campagne de pub d’Oxfam-Magasins du monde, ONG particulièrement active sur le front du commerce équitable (et qui a récemment débarqué en France), a fait pas mal de bruit ces derniers mois. Y compris, et surtout, chez des sympathisants et des bénévoles. Qui, en substance, ont le sentiment d’avoir été «trahis» dans leur militance.

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mercredi 28 février 2007

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Dans la jungle des labels



Une foule bigarrée de logos en tout genre «labellisent» aujourd’hui une multitude de produits selon des critères environnementaux, sociaux ou économiques. Résultat, les consommateurs nagent dans la purée de pois. Le point sur les labels, outils complexes dont le flou juridique actuel n’arrange rien...

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