mercredi 30 décembre 2009

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Climate Business




Bruxelles, mercredi 28 octobre 2009. Au départ, l’idée était simple: aller à la rencontre du «big business» européen lors de la conférence annuelle de son principal lobby, BusinessEurope. Prendre la température de la communauté des affaires à six semaines du rendez-vous crucial de Copenhague, où les Etats-Unis ont lamentablement provoqué l'avortement du petit frère du protocole de Kyoto. Réaliser ensuite un sujet d’ambiance d’une dizaine de minutes pour CEO TV, un nouveau webmédia auquel j’ai le plaisir de contribuer.

Raté.

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samedi 19 décembre 2009

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Coup d’Etat raté (de peu) à Copenhague


COPENHAGUE — Les Etats-Unis, l’Inde, la Chine, le Brésil et l’Afrique du Sud, soit cinq poids lourds des 194 juridictions signataires de la Convention-cadre de l’ONU sur les changements climatiques (UNFCCC), se sont mis d’accord vendredi peu après 22 heures sur une simple feuille de route jetant les bases d’un éventuel futur accord international sur le climat fin 2010. Ce que l’on sait moins, c’est que faute de consensus la plénière n’a pas adopté formellement ce texte.

Le document, intitulé abusivement «Copenhagen Accord», «reconnait le point de vue scientifique» selon lequel il est nécessaire de limiter le réchauffement planétaire à 2 degrés en 2100 par rapport aux niveaux pré-industriels. Mais il ne s’engage pas formellement en ce sens, ni ne fixe le moindre objectif de réduction d’émissions de gaz à effet de serre pour les pays industrialisés à l’horizon 2020.

L’«accord des Cinq» prévoit en outre de débloquer une enveloppe de 30 milliards de dollars au cours des trois prochaines années afin d’aider les pays en développement à lutter contre le réchauffement. Cette enveloppe devrait gonfler pour atteindre 100 milliards par an à partir de 2020.

La France s’est immédiatement alignée sur les Cinq, suivie quelques heures plus tard par une Union européenne pourtant humiliée par un deal dont elle a délibérément été exclue (son leadership international sur la question climatique agace les autres grandes puissances).

(Mis à jour les 20 et 21/12/2009)

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dimanche 13 septembre 2009

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Trois listings Clearstream sur Internet


A une semaine du procès Clearstream, l’internaute lambda qui «google» judicieusement la toile peut tomber sur trois listings originaux de la très privée chambre de compensation internationale. Clearstream est-elle l’institution financière luxembourgeoise la plus «fuitée» de la planète?

Le fameux listing Clearstream de 2001, celui-là même qui fut par la suite trafiqué pour mouiller Nicolas Sarkozy dans l’affaire des frégates de Taïwan, est librement accessible dans un recoin perdu d’Internet. Tout comme le listing de 1995 à l’origine de l’enquête de Denis Robert. Avec le «petit dernier» de 2004, qui mentionne une mystérieuse Bank Madoff, cela fait trois listings Clearstream téléchargeables aujourd’hui par le commun des mortels. Trois documents sensibles que la chambre de compensation internationale basée à Luxembourg et Francfort aurait sûrement préféré garder secrets.



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dimanche 26 juillet 2009

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Des subsides à gogo, mais surtout pas d’impôts...



Côté cour, Philippe Stoclet, petit-fils du commanditaire du palais Stoclet, fait du lobbying politique et médiatique pour que les pouvoirs publics rachètent l’immeuble et son mobilier pour 100 millions d’euros, et restaurent le tout. Côté jardin, cet ancien financier a caché pendant 15 ans des millions de dollars au fisc dans un trust aux îles Caïman.

Dix millions. En euros, ce serait le coût global estimé de la restauration complète du palais Stoclet, ce joyaux architectural de l’avenue de Tervueren que l’Unesco vient d’inscrire au patrimoine mondial de l’humanité. En dollars, c’est la coquette somme que Philippe Stoclet, 78 ans, petit-fils du premier propriétaire du palais, avait placée en 1999 dans un trust des îles Caïman, selon les documents d’un ex-banquier suisse.

Philippe Stoclet et ses fils sont les derniers descendants mâles à porter le patronyme de leur grand-père et arrière-grand-père Adolphe Stoclet, l’ingénieur et banquier belge qui fit construire le palais éponyme en 1905 avec un budget illimité. Mais ils ne sont pas pour autant héritiers de cet immeuble prestigieux : en 1951, la branche de Philippe Stoclet a revendu ses parts – meubles et argenterie compris – à son oncle Jacques, le père des quatre héritières.

Mais Philippe, unique petit-fils, aîné de sa génération, se considère l’héritier «moral» du palais. Il y a vécu ses quinze premiers printemps et a toujours été très attaché à sauvegarder ce chef-d’œuvre architectural irrévocablement lié à son nom et à la mémoire de ses grands-parents. Quitte à se muer en lobbyiste. «J’ai rendu visite à plusieurs occasions au ministre-président de la Région de Bruxelles-Capitale, Charles Picqué, pour le pousser à introduire le dossier à l’Unesco, et à l’activer», explique-t-il.

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mardi 2 juin 2009

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Quand des supporters wallons entonnent les slogans de l’extrême-droite flamande



On se souvient des chants footballistiques très fins «les Wallons c’est du caca» et «les Wallons sont pédophiles», scandés il y a quelques mois par des supporters flamands fort «inspirés» lors des matches Tubize-Genk et Virton-Antwerp.

Cette fois, ce sont des supporters wallons qui s’illustrent en versant une nouvelle louche d’huile sur le feu communautaire.

En déplacement à Tienen (Tirlemont) le 26 avril dernier, les supporters du RFC Liégeois ont entonné en chœur «Les Wallons ne travaillent pas (...), et les Flamands travaillent pour nous!». Mettant en «musique» le fond de commerce anti-wallon du Vlaams Belang ou de la N-VA — laquelle soutenait déjà les premiers dérapages à connotations racistes des cops flamingants.

Est-ce parce qu’ils furent battus 4-1? Toujours est-il que les supporters du RFC Liégeois sont passés maîtres dans la provocation vicieuse («OK, tu gagnes aujourd’hui, mais je te rappelle mon gars que c’est toi qui paie mon chômage et mes factures, et je t’emm...»). Provocation minable qui en dit long sur l’état de l’orgueil wallon en 2009.

Selon la Banque nationale de Belgique, la Wallonie reçoit 5,8 milliards d’euros par an de la Flandre grâce aux transferts financiers entre Régions. Une solidarité nord-sud qui répond à celle — sud-nord — qui prévalût des décennies durant jusqu’aux années 80.

mardi 26 mai 2009

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Bourse CO2: 1,2 milliard de bonus pour ArcelorMittal grâce au chantage à l’emploi



C’est le monde à l’envers. Alors que les émissions de CO2 d’ArcelorMittal sont en hausse depuis 2005 (+7,5%), le système européen d’échange de quotas d’émissions, censé pénaliser les gros pollueurs, aurait rapporté plus de 1,2 milliard d’euros, en cash et en titres, au numéro un mondial de l’acier ces quatre dernières années. Décryptage d’un hold-up environnemental qui carbonise le principe du «pollueur-payeur».

A lire sur

lundi 18 mai 2009

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Non-interview exclusive de Benoît Lutgen

Cela fait maintenant près d’un mois que j’essaye d’obtenir une réaction du cabinet du ministre wallon de l’Environnement (le social-chrétien Benoît Lutgen) à une réalité sociale et environnementale de premier plan pour la Wallonie.

Le pitch: le géant de la sidérurgie ArcelorMittal va fermer «temporairement» de nombreuses installations industrielles pour lesquelles la multinationale a reçu gratuitement, pour couvrir ses besoins, des millions de permis d’émission de CO2 de la Région wallonne et du gouvernement fédéral. Des permis que le sidérurgiste avait exigés en contrepartie de la réouverture, en février 2008, du haut-fourneau n°6 à Seraing – l’un des 12.000 sites industriels les plus polluants de l’Union européenne forcés de participer au système d’échange de quotas d’émissions mis en place par Bruxelles en 2005.

Question 1: La quantité de quotas attribuée à chaque installation émettrice de CO2 a été déterminée pour la période quinquennale 2008-2012 dans l’Arrêté du Gouvernement wallon du 11 septembre 2008 dont vous êtes chargé de l’exécution:
http://environnement.wallonie.be/LEGIS/air/air023.htm
Comment sont distribués concrètement les quotas aux installations (en une fois? en cinq fois, annuellement?) et à quelle(s) date(s) exactement? [sachant qu’une fois alloués ils ne peuvent être repris]

Benoît Lutgen: ...

Q2: Est-ce que l’octroi des permis d’émission de CO2 à ces installations industrielles est conditionné au maintien de l’emploi/de l’activité? Si oui, selon quels critères exactement? Si non, pourquoi?

Benoît Lutgen: ...

Q3: ArcelorMittal a décidé de fermer temporairement, en mai 2009, des installations en Région wallonne:
- le deuxième haut-fourneau liégeois (HFB d’Ougrée) sera arrêté pour la fin mai au plus tard;
- arrêt de la chaîne d’agglomération d’Ougrée,
- arrêt de l’aciérie,
- arrêt du laminoir à chaud de Chertal,
- production de la cokerie réduite de 50%.
On parle à présent d’une fermeture possible du site de Châtelet.
ArcelorMittal va-t-il devoir "rembourser" une partie des quotas perçus en 2008 et 2009 pour ces installations? Si oui, selon quelles modalités? Si non, pourquoi et que comptez-vous faire?

Benoît Lutgen: ...

Q4: Que pensez-vous du fait qu’ArcelorMittal est, depuis 2005, le plus gros bénéficiaire du système européen d’échange de quotas d’émissions (ETS)? Selon les chiffres officiels de la Commission, ces quatre dernières années ArcelorMittal a accumulé un surplus de 78,6 millions de permis (...) [au sein de l’Union européenne; permis qu’il peut revendre au prix du marché]

Benoît Lutgen: ...

Q5: Selon Reuters, ces surplus proviennent essentiellement du lobbying agressif de la compagnie aux niveaux européen et national, l’arme principale de Lakshmi Mittal étant le spectre des délocalisations:
http://www.reuters.com/article/latestCrisis/idUSL9933905
Que peut encore le politique face à une telle situation?

Benoît Lutgen: ...

Q6: Le 27 mars dernier la Commission européenne s’est opposée à l’allocation de quotas au HF6 de Seraing (installation 116, permis WAI011P037):
"The Commission found that the corrections notified for installation No. 116 (Permit no. WAI011P037) are inadmissible because they are not in accordance with the methodologies set out in Belgium’s National Allocation Plan and the 2009 allocation can not be reduced for installations No. 182 (Permit no. WAI098P1 07) and No. 203 (Permit no. VL409) because the allowances were already transferred to the accounts of the installations."
http://ec.europa.eu/environment/climat/emission/pdf/nap2008/be.pdf
La Région wallonne a-t-elle une parade pour quand même attribuer des quotas? Si non, que comptez-vous faire pour en attribuer à ArcelorMittal une fois que la reprise sera là (si vous êtes reconduit dans vos fonctions)?

Benoît Lutgen: ...

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vendredi 27 février 2009

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Des fonds de Madoff auraient transité par Bruxelles via Euroclear

Le véhicule serait une mystérieuse «Bank Madoff» qui sème la zizanie entre Clearstream et Euroclear



L’auteur présumé de la plus grande fraude pyramidale de l’histoire de Wall Street, le financier new-yorkais Bernard Madoff, avait-il un compte ouvert à Bruxelles dans la chambre de compensation internationale Euroclear? C’est en tout cas ce qu’affirme Clearstream, sa rivale installée à Luxembourg et Francfort.

Tout commence avec l’apparition d’un listing, fin décembre 2008, sur le site Wikileaks.org. Cette plateforme de publication anonyme, gérée et vérifiée par des journalistes professionnels, permet aux «lanceurs d’alerte» de «fuiter» des documents confidentiels qu’ils jugent d’utilité publique. (...)

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